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Ben Harper and The Innocent Criminals + Guests
disait le billet. En fait de guests on a dû faire le pied de grue pendant 45 minutes avant de voir Ben Harper et ses musiciens faire leur apparition.
Tout comme pour Placebo dimanche soir, ce concert était en fait une date supplémentaire ajoutée devant la vitesse à laquelle sont partie les places de l'unique date initialement prévue.
Je dois avouer que la mauvaise journée que j'avais passé, suivi des 45 minutes d'attente à contempler la salle car je n'ai pas trouvé de volontaire pour m'accompagner, ne m'avait pas mis dans les meilleures dispositions pour apprécier ce concert.
Après 3 bonnes minutes d'intro musicale et de jeu de lumière, la machine est lancée. Le son est fort, très fort, trop fort en fait. Je ne suis pas du genre à rechigner devant les décibels mais là il faut avouer que ça dépassait les limites. La voix de Ben Harper s'en trouvait noyée, ce qui est vraiment dommage quand on connait les nuances vocales dont il est capable.
Apparemment j'étais le seul gêné car la majorité des spectateurs elle sautait dans tous les sens et applaudissait à tout rompre. La moyenne d'âge explique sans doute cela. En effet Ben Harper jouait des morceaux principalement acoustiques sur ses 2 premiers albums, avant d'effectuer un virage vers des morceaux nettement plus électriques. Seulement ces 2 albums datent de 1993 et 1995, avec une moyenne d'âge de 19/20 ans, le public était trop jeune pour les avoir connus à leur sortie. Enfin je ne me plains pas car Ben nous a gratifié d'un rappel entier de chansons interprétées en solo, accompagnées de sa seule guitare acoustique, un bonheur !
Au rayons des anecdotes, nous avons eu le droit à un Sexual Healing ponctué d'un Thank you Marvin
, en référence à Marvin Gaye l'interprète original de ce morceau, ainsi qu'au désormais classique medley de Faded avec Whole Lotta Love de Led Zeppelin sur laquelle Ben Harper joue de la slide guitar avec une flying-V, original mais efficace !
Bref au final j'ai passé un très bon moment grâce à d'excellents musiciens, avec une mention spéciale au tout jeune batteur et au bassiste, qui nous ont offert de très bonnes interprétations des morceaux de monsieur Ben Harper.
Placebo donnait hier soir à Lille leur second concert en 5 jours, ce qui poussera Brian Molko à lancer je trouve qu'on passe beaucoup de temps à Lille ces derniers temps
.
Cette fois j'ai eu la chance de trouver des billets. Je dis bien de la chance car la salle était comble, quelques chanceux s'arracheront les dernières places libres quelques minutes avant le début du concert.
J'avais bien vu sur le billet la mention "Première partie: Skin". Je m'étais fait la réflexion que c'était rare que le groupe ouvrant pour la tête d'affiche soit mentionné nommément mais j'avais beau cherché, Skin ça ne me disait rien. La seule chose en relation avec la musique qui me venait à l'esprit était le surnom de la chanteuse de Skunk Anansie. Bingo ! Renseignements pris, Skunk Anansie s'est séparé en 2001 et sa chanteuse a monté un projet solo qui porte son surnom: Skin.
Au final ça donne un gros son, des chansons sympas mais pas inoubliables et une voix toujours aussi agréable, qui sait se faire suave avant de rugir comme un ours mal léché. Bref une première partie somme toute nettement au dessus de la moyenne.
Après un long entract meublé en partie par un début de malaise de ma douce, ce qu'elle ne ferait pas pour me divertir, Placebo arrive sur scène. Le public est conquis d'avance mais le groupe se lance malgré tout comme une furie dans le morceau instrumental qui ouvre leur dernier album. Le décor est posé.
Parlons en du décor justement et de la mise en scène. Le mot qui me vient comme ça est grandiose, le second serait cisellé. "Grandiose" à cause de la démesure des effets de lumière, de l'écran sur lequel étaient projetés des images et autres films très bien fait et "cisellé" car tout cela fleurait bon l'artisanat appliqué, le travail fait avec coeur et dévotion. Loin de noyer la verve et le spleen de Placebo, cette mise en scène leur apporte une résonnance, une profondeur supplémentaire.
Au niveau musical on notera la petite forme de Brian Molko qui l'expliquera lui même par une petite gueule de bois duê à un super concert et une grosse soirée
la veille à Paris. Concert qui devrait faire l'objet d'une parution en DVD de sources officieuses.
Cependant cette petite forme n'a pas empêché le trio d'interpréter avec fougue des morceaux de leur répertoire tant récent (This picture, English Summer Rain, Special Needs) que de leurs albums précédents (Pure Morning, Taste In Men, Every You Every Me). Une mention spéciale à un The Bitter End de furie avec une guitare de Brian Molko accérée comme rarement. Que du bonheur.
Quant aux anecdotes de ce concert, par où commencer ? Par l'échange d'instruments constant entre les musiciens (Brian jouera de la guitare et du clavier, Stephan de la basse, de la guitare et du clavier sans parlé du musicien additionnel qui jouait lui aussi tour à tour de la basse, de la guitare ou du clavier), du titre chanté quasiment intégalement en Français, du Français quasi parfait justement de Brian Molko.
Non, je vais vous parler du fléau qui sévit de nos jours dans la musique : la gamine prépubère. A ce concert elles avaient troqué le fameux "Patriiiiiiick" pour un "Briaaaaaaan" plus de circonstance mais le résultat était le même: sourires entendus des jeunes adultes, yeux au ciel des plus anciens. Heureusement le mur de guitares que cisellait avec amour le groupe couvrait largement ces couinements exaspérants sauf, et là ce fut vraiment navrant, lors d'un morceau très doux, rempli d'émotion, où elles ne trouvèrent pas mieux au lieu de profiter de l'ambiance que d'hurler à l'unisson "Briaaaaaaaaaaaaaan". Attérant mais tellement dans l'air du temps. Brian Molko sembla désappointé puis déçu mais ne fit pas de commentaire. Les plus cyniques diront que quand on fait des tubes il faut assumer, c'est le public qui choisi ses idôles et non l'inverse même si des fois ça doit faire mal au ventre. Kurt j'ai une pensée pour toi à cet instant, tu as tellement souffert de ça.
Ma miss fera un second malaise peu avant le rappel qui nous permettra de visiter l'infirmerie et de faire connaissance avec les charmants secouristes de la Croix Rouge Française. Un grand merci à eux pour leur gentilesse et leur prévenance.
Nous réintégrerons finalement la salle pour les dernières chansons du concert et le trop court rappel unique, heureusement terminé en apothéose par un Where Is My Mind des Pixies superbe.
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